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La recherche en thérapie manuelle : Pourquoi ? Pour qui ? Comment ?

Dernière mise à jour : 19 mai

C’est au début des années 1990 que le modèle dit de pratique fondée sur les preuves (modèle également appelé evidence based practice - EBP) a commencé à être utilisé ; il concernait alors la médecine. Il s’est ensuite étendu progressivement aux autres disciplines de la santé, y compris les thérapies manuelles.


Qu’est-ce qu’une pratique fondée sur les preuves ?

Le modèle EBP a pour but de déterminer la meilleure prise en charge pour le patient. Il est constitué de trois piliers : i) les données probantes issues de la recherche scientifique (c’est à dire issues des résultats d’études scientifiques publiées et fiables), ii) les préférences du patient et iii) l’expérience du praticien (Fig. 1) [1]. Ainsi, une pratique fondée sur les preuves inclut les connaissances établies par la recherche mais ne s’y limite pas.



Pourquoi avoir une pratique fondée sur les preuves ?

Une pratique fondée sur les preuves est bénéfique aussi bien pour les patients que pour les praticiens. En effet, elle aide le praticien à prendre les meilleures décisions cliniques pour ses patients, devant lui permettre de leur proposer les prises en charge les plus efficaces et sécuritaires, adaptées au contexte [1].


Aussi, à l’échelle d’une profession du champ de la santé, lorsque ses membres utilisent cette approche de soin, ils participent au maintien et à l’amélioration de sa crédibilité. Dans le cas des professions parfois encore qualifiées d’alternatives et/ou de complémentaires, les praticiens peuvent ainsi contribuer à une meilleure reconnaissance et insertion de leur profession au sein du système de santé. Cette insertion est d’intérêt à la bonne prise en charge du patient, notamment dans le cas où il lui est recommandé de bénéficier d’une prise en charge pluridisciplinaire.


A noter que l’utilisation d’une telle approche, pour les professionnels du champ de la santé, relève généralement du respect du cadre réglementaire encadrant leurs professions.


Comment avoir une pratique fondée sur les preuves ?

Pour avoir une pratique fondée sur les preuves, il convient donc de prendre en compte les trois piliers précédemment énoncés et illustrés. Les préférences du patient sont identifiables au cours des consultations et l’expérience du praticien se construit progressivement dès ses premières mises en situations cliniques.


La compréhension et l’intégration des données issues de la littérature scientifique à la pratique est cependant plus complexe à mettre en place, particulièrement dans le cadre d’une pratique clinique de ville. Cela nécessite que les praticiens puissent allouer du temps à la lecture et à l’analyse critique de la littérature scientifique. Aussi, cela implique qu’ils aient bénéficié d’une formation suffisante en analyse critique afin d’identifier les données probantes susceptibles d’être intégrées dans leur pratique.


Quels outils d’aide à l’intégration des données issues de la recherche ?

De nombreuses informations sont aujourd’hui disponibles pour les praticiens souhaitant connaître les dernières données probantes et applicables à certaines de leurs problématiques cliniques. Par exemple, des recommandations de bonnes pratiques sont disponibles sur le site de la Haute Autorité de Santé (HAS). Ces recommandations « sont définies dans le champ de la santé comme des propositions développées méthodiquement pour aider le praticien et le patient à rechercher les soins les plus appropriés dans des circonstances cliniques données. » [2]. Ainsi, le travail d’analyse et de synthèse des données issues de la littérature scientifique sur une problématique clinique donnée a été fait pour aboutir à ces recommandations, le praticien se trouvant déchargé de ces étapes.


Dans le domaine des thérapies manuelles, des recommandations de bonnes pratiques visant à l’évaluation du patient atteint de cervicalgie et la prise de décision thérapeutique en chiropraxie sont disponibles sur le site de la HAS [3]. Sur ce même site, d’autres recommandations sur la prise en charge des lombalgies non-spécifiques/communes, et à destination des praticiens utilisant la thérapie manuelle, sont disponibles [4]. Des associations professionnelles peuvent également produire des recommandations de bonnes pratiques. C’est le cas de l’Association Canadienne de Chiropraxie, à travers son programme Canadian Chiropractic Guidelines Initiative, qui publie régulièrement des recommandations pouvant intéresser les praticiens utilisant la thérapie manuelle [5].


La SoFEC s’inscrit également dans cette démarche de facilitation des pratiques fondées sur les preuves. Sur son site, des points conjuguant données scientifiques et applications cliniques ainsi que des conseils méthodologiques pour analyser la littérature scientifique seront régulièrement publiés.


Si vous avez des questions, contactez-nous (secretariat@sofec.org).


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Références


1. Sackett DL., Rosenberg WM., Muir Gray AJ., Brian HAynes R., Richardson WS. SRW. Evidence based medicine: what it is and what it isn’t. BMJ. 1996;312(7023):71–2.

2. Haute Autorité de Santé. Méthodes d’élaboration des recommandations de bonne pratique. 2014. https://www.has-sante.fr/jcms/c_418716/fr/methodes-d-elaboration-des-recommandations-de-bonne-pratique

3. Haute Autorité de Santé. Label de la HAS - Évaluation du patient atteint de cervicalgie et prise de décision thérapeutique en chiropraxie. 2017. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2803360/fr/label-de-la-has-evaluation-du-patient-atteint-de-cervicalgie-et-prise-de-decision-therapeutique-en-chiropraxie

4. Haute Autorité de Santé. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. 2019. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2961499/fr/prise-en-charge-du-patient-presentant-une-lombalgie-commune

5. Association Chiropratique Canadienne. Canadian Chiropractic Guidelines Initiative. https://fr.ccgi-research.com

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