La chiropraxie

Une thérapie manuelle

L’histoire de la chiropraxie ne peut être dissociée de celle des thérapies manuelles. De l’antiquité jusqu’à la renaissance, plusieurs grands noms de la médecine comme Hippocrate (460 - 370 av. J.C.) [1,2], Galien (Ier siècle), Avicenne (XIème siècle), mais aussi Guido Guidi et Ambroise Paré (XVIème siècle) ont utilisé des traitements de thérapie manuelle, incluant des manipulations articulaires [1]. Parallèlement à ces médecins, des praticiens sans aucune forme d’éducation médicale, appelés en France rebouteux, utilisaient, eux aussi, les manipulations articulaires afin de remettre les os en place [3,1].

 

À la fin du IXème, plusieurs formes de thérapies manuelles voient le jour, notamment en Amérique du Nord. À cette époque, le faible niveau de formation des médecins nord-américains et l’inefficacité, voire dangerosité, des traitements utilisés par ces derniers, favorisent l’émergence de l’ostéopathie et de la chiropraxie aux États-Unis. L’ostéopathie est fondée en 1874 par Andrew Taylor Still, la chiropraxie en 1895 par Daniel David Palmer, un magnétiseur canadien [1]. Ce dernier postule que le mauvais alignement d’une vertèbre ou "sublux​ation" pourrait aboutir à une compression des racines nerveuses adjacentes et ainsi entraîner des maladies ou différents troubles [4].

Aujourd’hui, en France, les thérapies manuelles sont exercées par plusieurs professionnels du champ de la santé (ex. chiropracteurs, kinésithérapeutes, médecins, ostéopathes). Ces professionnels partagent certaines modalités thérapeutiques, sans pour autant bénéficier du même cadre légal [5,6,7]. Une bonne compréhension du champ d’action de ces disciplines et de l’état de la littérature sur les modalités thérapeutiques utilisées semble aujourd’hui essentielle afin de répondre aux exigences d'une prise en charge fondée sur les faits, et ce, dans l'intérêt des patients. Les travaux et actions de la SoFEC visent à contribuer à cette meilleure compréhension.

Le champ d'application du chiropracteur

Le chiropracteur effectue un diagnostic d’opportunité et positif*, prévient et prend en charge les troubles neuro-musculo-squelettiques de l’appareil locomoteur du corps humain ainsi que leurs conséquences. ​Lorsque la situation clinique excède son champ de compétence, le chiropracteur adresse le patient à un médecin pour avis, diagnostic et/ou prise en charge. Dans l’intérêt du patient, il collabore avec les autres professionnels de la santé [8].

Les patients peuvent consulter directement le chiropracteur qui recueille et analyse les informations nécessaires à l’établissement d’un diagnostic dans son champ de compétence et à la prise en charge en chiropraxie. Le chiropracteur choisit et met en œuvre dans son champ de compétence l’arsenal thérapeutique adapté aux besoins du patient. La prise de décision clinique du chiropracteur est guidée par l’addition de son expertise clinique, des valeurs et préférences du patient ainsi que des meilleures données scientifiques disponibles [8].

Une formation agréée par le Ministère de la Santé

En France, un seul établissement est chargé de la formation des futurs chiropracteurs :  l’Institut Franco-Européen de Chiropraxie (IFEC). Cet institut est agréé par le Ministère de la santé depuis 2013, et propose une formation en accord avec une approche de soin fondée sur les faits. L’ensemble des enseignements est détaillé dans l’arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie [8]. Le diplôme de chiropracteur, obtenu après 5 années de formation à temps plein, correspond à un niveau de certification RNCP niveau 7.

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*Diagnostic dans le domaine de la chiropraxie [8]

La démarche diagnostique en chiropraxie comprend un diagnostic d’opportunité et un diagnostic positif des troubles neuro-musculo-squelettiques de l’appareil locomoteur. Le diagnostic d’opportunité consiste à identifier les symptômes cliniques et signes d’alerte justifiant un avis médical préalable à une prise en charge chiropratique ou le recours à des examens médicaux complémentaires. Le diagnostic positif des troubles neuro-musculo-squelettiques de l’appareil locomoteur consiste, après la réalisation d’un diagnostic d’opportunité, à rechercher et hiérarchiser les informations obtenues lors de la consultation auprès du patient et, éventuellement, auprès de ses proches dans le but d’identifier le ou les troubles neuro-musculo-squelettiques dont souffre le patient ainsi que leurs interactions afin de décider du traitement chiropratique le mieux adapté à l’amélioration de l’état de santé de la personne.

Références

[1] Pettman E: A history of manipulative therapy. J Man Manip Ther 2007, 15(3):165-174.

[2] Vasiliadis ES, Grivas TB, Kaspiris A: Historical overview of spinal deformities in ancient Greece. Scoliosis 2009, 4:6.

[3] Livingston MC: The mystery and history of spinal manipulation. Can Fam Physician 1981,27(2):300-302.

[4] Vernon H: Historical overview and update on subluxation theories. J Chiropr Humanit 2010,17(1):22-32.

[5] Légifrance. Décret n° 2011-32 du 7 janvier 2011 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de la chiropraxie.

[6] Légifrance. Décret n° 96-879 du 8 octobre 1996 relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute.

[7] Légifrance. Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie.

[8] Légifrance. Arrêté du 13 février 2018 relatif à la formation en chiropraxie.